Zurich, 3 octobre 2024 – Une nouvelle étude de la communauté Innovate Switzerland, réalisée par le think tank W.I.R.E. avec le soutien du centre d’intelligence artificielle de l’ETH Zurich et de Microsoft Suisse, met en lumière le potentiel substantiel de l’intelligence artificielle (IA) pour la croissance économique en Suisse.
Gains de productivité et capacité d’innovation liés à l’IA
La majorité des personnes interrogées s’attendent à une augmentation de la productivité des entreprises grâce à l’utilisation de l’IA au cours des cinq prochaines années :
- 68 % prévoient une augmentation.
- 27 % anticipent une forte augmentation.
- Une minorité de 5 % ne prédit aucun changement et personne ne s’attend à une baisse de la productivité.
Concernant la question de savoir quand les gains de productivité liés à l’IA se manifesteront clairement :
- 47 % pensent que cela se produira au cours des deux prochaines années.
- 41 % supplémentaires estiment que ces augmentations de productivité seront perceptibles dans les cinq prochaines années.
- 13 % pensent que cela pourrait prendre jusqu’à dix ans, tandis que personne ne croit que cela prendra plus de dix ans.
Outre les gains de productivité, il est souvent souligné que l’IA peut accroître la capacité d’innovation des entreprises. Cela est confirmé par les résultats de l’enquête : 86 % des personnes interrogées estiment que les organisations peuvent renforcer considérablement leur capacité d’innovation grâce à l’IA. La rentabilité est étroitement liée aux gains de productivité et à la capacité d’innovation. Là encore, la majorité des répondants (73 %) prévoit une augmentation, bien que seulement 9 % s’attendent à une forte augmentation.
Applications variées de l’IA
L’étude montre que l’intelligence artificielle ouvre de nombreux domaines d’application pour relever les défis futurs en Suisse :
- En tête de liste, le développement de l’excellence en recherche, avec 87 votes. Cela indique que la Suisse pourrait renforcer et développer encore davantage sa réputation internationale dans la recherche grâce à l’IA.
- En deuxième position, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, avec 72 votes. Cette constatation est conforme aux résultats des entretiens d’experts, qui ont souligné que, bien que l’IA ne puisse pas entièrement résoudre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, elle pourrait réduire considérablement ses effets négatifs grâce à ses technologies complémentaires.
- En troisième position, la pression croissante sur la croissance et l’innovation, citée par 58 répondants. Comme pour le développement de l’excellence en recherche, l’IA pourrait également jouer un rôle clé ici en aidant les entreprises à devenir plus innovantes et compétitives.
D’autres aspects, comme le maintien et le renforcement de la qualité de l’éducation en Suisse, la gestion du changement climatique et l’augmentation de l’attractivité du pays, ont également reçu une attention significative.
L’IA, une opportunité pour les PME suisses
L’intelligence artificielle offre d’énormes opportunités, notamment pour les petites et moyennes entreprises (PME). Grâce à l’utilisation de modèles d’IA spécialisés et plus petits, même les entreprises qui ne disposent pas de vastes ensembles de données peuvent tirer parti des avantages de la technologie. Ces modèles sont plus économes en énergie et mieux adaptés aux besoins spécifiques, permettant ainsi aux PME d’améliorer leur efficacité et de développer des solutions innovantes. L’étude a également révélé un grand besoin de formation en IA pour les PME, un domaine auquel les auteurs de l’étude souhaitent s’attaquer à l’avenir.
« Avec l’IA et la génération d’IA, nous disposons de technologies puissantes capables de résoudre certains des défis les plus urgents de notre époque. Il est de notre responsabilité d’utiliser ces technologies de manière à maximiser leurs bénéfices. Le développement des compétences en IA et en génération d’IA est essentiel pour accélérer la transformation numérique en Suisse et garantir la compétitivité et la capacité d’innovation du pays », a déclaré Catrin Hinkel, PDG de Microsoft Suisse. « Grâce à la collaboration étroite entre le monde académique et l’industrie, la Suisse dispose d’une excellente base pour réussir à transférer son modèle de réussite au XXIe siècle. »
« Il ne s’agit pas seulement d’améliorer l’efficacité, mais aussi de rendre l’intelligence artificielle digne de confiance dans la vie quotidienne. Les nouvelles technologies d’IA doivent être développées en harmonie avec les valeurs européennes, où la sécurité des données, la transparence et l’équité sont primordiales », a déclaré Dr. Alexander Ilic, cofondateur et directeur exécutif du centre d’IA de l’ETH.
« Le potentiel économique de l’IA ne pourra contribuer à une création de valeur durable en Suisse que si les exigences sociétales et écologiques sont systématiquement prises en compte. La Suisse peut se positionner comme un leader international dans le domaine de l’IA, mais uniquement si elle trouve le courage de se démarquer dans la concurrence existante en s’appuyant sur ses forces traditionnelles et futures », a conclu Dr. Stephan Sigrist, auteur de l’étude et fondateur du think tank W.I.R.E.
Conception de l’étude
L’étude repose sur une enquête menée auprès d’entreprises et d’experts suisses, complétée par des entretiens et des études de cas. Les données quantitatives ont été enrichies par des analyses qualitatives afin de dresser un tableau complet des impacts actuels et futurs de l’IA. Divers secteurs et tailles d’entreprises ont été pris en compte pour garantir une large applicabilité des résultats. Un total de 111 représentants d’entreprises suisses ont participé à l’enquête quantitative, et 20 entretiens qualitatifs avec des experts de différents secteurs et domaines de connaissances, directement ou indirectement liés à l’IA, ont également été menés.
L’intégralité de l’étude peut être téléchargée ici : LINK