Formation pour demain : Comment la série IA de l’IAPC prépare l’avenir du service public

Formation pour demain : Comment la série IA de l’IAPC prépare l’avenir du service public 

Rae Haddow ne s’attendait pas à ce que l’intelligence artificielle change sa façon de travailler. En tant que spécialiste des politiques de gestion des terres avec le ministère des Forêts de la Colombie-Britannique, son attention a toujours été portée sur la législation et les terres et non sur les algorithmes. Toutefois, le rythme du changement l’a prise au dépourvu. Les outils d’IA apparaissaient dans les réunions et les notes d’information. Ses collègues commençaient à expérimenter. Soudainement, elle se sentait dépassée.  

« J’étais intriguée, mais un peu intimidée », a déclaré Haddow. « L’IA était partout, et j’ai réalisé que je devais la comprendre, non seulement pour moi, mais aussi pour soutenir mes collègues. » 

Sa recherche de clarté l’a menée à Naviguer l’IA : Un guide pratique pour les fonctionnaires publics, une série de formations en  quatre parties créées par KPMG dans le Centre de développement des compétences du Canada, en collaboration avec l’Institut d’administration publique du Canada (IAPC) et Microsoft Canada. Conçu pour les professionnels du gouvernement, le programme offre une introduction aux principes fondamentaux de l’IA générative, aux pratiques d’utilisation responsable et à de nouveaux outils comme Microsoft Copilot. 

Plus qu’un simple programme de formations, la série Naviguer l’IA constitue une réponse nationale à une réalité grandissante : les gouvernements, tout comme les entreprises, doivent s’adapter à un monde où l’IA redéfinit rapidement la nature du travail et change la façon dont les services publics sont délivrés. 

Un besoin national, pas une compétence de niche 

Les institutions du secteur public sont de plus en plus sollicitées pour faire plus avec moins. La pression pour moderniser est bien réelle. Et la nécessité de le faire de manière responsable, avec transparence et inclusion au premier plan, est urgente.  

La série contribue à combler cet écart. Grâce à une combinaison d’activités axées sur le développement de la littératie, de rédaction de prompts, d’analyse de données pour l’élaboration de politiques et de conversations sur le déploiement éthique, la série permet aux fonctionnaires d’acquérir la confiance nécessaire pour envisager l’IA non pas comme une menace, mais comme un levier favorisant une prise de décision plus éclairée et une prestation de services améliorée.  

Sarah Rankin a perçu ce potentiel dès le départ. Spécialiste de l’apprentissage au ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick, Rankin s’est inscrite au programme après avoir terminé une maîtrise en technologie éducative. Elle croyait déjà avoir une compréhension des possibilités de l’IA générative, mais le programme a changé sa façon de penser son rôle au sein du gouvernement. 

« Je pensais que ce serait écrasant », a-t-elle confiée. « Mais c’était en fait extrêmement concret. Les ressources étaient claires, et l’aspect communautaire a fait toute la différence. » 

Rankin a commencé à utiliser l’IA pour soutenir les enseignants affectés à des domaines moins familiers, comme l’agriculture numérique et pour favoriser le partage des ressources entre les districts. Ce qui semblait théorique est soudainement devenu concret. « L’IA m’a aidée à combler des lacunes que je ne soupçonnais même pas. » 

Construire une conversation à travers le Canada 

« Dès le lancement de Naviguer dans l’IA, l’intérêt a été immédiat, » a déclaré David Fulford, président-directeur général de l’IAPC. « Dès le lancement de Naviguer dans l’IA, l’intérêt a été immédiat », a déclaré David Fulford, président-directeur général de l’IAPC. « Les séances en anglais ont affiché complet en quelques jours à peine. Il y avait tellement de commentaires dans le clavardage que nous avons dû limiter le nombre de participants pour préserver l’esprit collaboratif des rencontres. L’enthousiasme était bien présent et le bouche-à-oreille a continué de faire son effet. »   

En Ontario, John Paul Lamberti, directeur principal de la gestion des actifs d’infrastructure à Services publics et Approvisionnement Canada, a constaté l’élan croissant.  

« Les gens ne s’inscrivaient pas simplement par obligation », a-t-il observé. « Ils étaient réellement curieux. »  

La fonction de clavardage ouverte des séances est rapidement devenue un véritable carrefour de partage des connaissances. Les participants y échangeaient des conseils, des prompts et formaient même des groupes d’étude informels qui se sont poursuivis après la fin de la formation. Pour certains, c’était la première fois qu’ils se sentaient réellement connectés à des collègues confrontés à des enjeux similaires dans différentes provinces. 

C’est ce qui a marqué Julia Hodgins, analyste principale de l’engagement citoyen en Colombie-Britannique. Elle a rejoint la série pour explorer comment l’IA pourrait soutenir les efforts en matière d’accessibilité, notamment en simplifiant le langage ou en traduisant des sondages. 

« Le clavardage a tout changé », a-t-elle dit. « C’était comme ces conversations de corridor qu’on espère toujours avoir après une présentation, mais en temps réel avec des personnes qu’on n’aurait autrement jamais croisées. » 

Pour Hodgins, l’IA est devenue un moyen de combler des lacunes de service de longue date. Elle a souligné comment elle pourrait réduire le coût de la traduction multilingue et générer des résumés en langage clair, afin d’aider à rendre les services publics plus accessibles à un plus grand nombre de personnes. 

Transformer la curiosité en capacité 

Le changement le plus durable ne réside peut-être pas dans les outils eux-mêmes, mais dans le virage culturel qu’ils ont amorcé. Haddow, par exemple, a commencé à remarquer une évolution dans la façon dont ses collègues abordaient leur travail.  

« Ces séances n’ont pas seulement offert des outils », a-t-elle déclaré. « Elles ont façonné un état d’esprit. Les gens venaient me voir avec des idées, et non plus seulement avec des questions. » 

Ce changement de culture se manifeste dans tous les départements.  Certains participants organisent des séances d’apprentissage informelles sur l’heure du dîner. D’autres ont créé des bibliothèques de ressources ou partagé des modèles de requêtes. La formation a semé les graines d’un écosystème autonome, fondé sur la curiosité, la collaboration et un désir commun d’améliorer les services.  

« Même si vous n’utilisez pas l’IA directement », a affirmé Haddow, « le simple fait d’avoir des bases pour ne pas ignorer ce qui se passe est extrêmement précieux. Le savoir, c’est le pouvoir. Il peut autant nous éviter des problèmes qu’il peut nous aider à gagner en efficacité. » 

Une occasion de leadership pour le Canada 

Le Canada n’est pas le seul pays à réfléchir à l’intégration de l’IA dans l’administration publique. Toutefois, il fait partie des rares à disposer de l’infrastructure, de la confiance du public et du talent au sein de la fonction publique pour le faire de manière exemplaire. Une adoption intelligente de l’IA, guidée par l’intention, la transparence et l’intérêt des citoyens, devient un avantage déterminant pour les pays qui souhaitent se positionner comme chefs de file en matière d’innovation et de valeur publique.  

« Ne craignez pas l’IA », a déclaré Hodgins. « Apprenez à l’utiliser à votre avantage. Laissez-la vous simplifier la vie, mais ne la laissez pas faire votre travail à votre place. »  

C’est précisément dans cet équilibre entre l’adoption de l’innovation et le maintien de la reddition de comptes que réside la force du Canada. Naviguer dans l’IA démontre ce qu’il est possible d’accomplir lorsqu’un pays mise sur une approche de l’intérieur : en outillant les fonctionnaires avec les outils et la formation nécessaires pour exercer un leadership responsable dans un monde en constante évolution.  

« L’IA n’est pas seulement une affaire de technologie », a affirmé Lamberti. « C’est avant tout une affaire de personnes. » 

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