Dans les coulisses des efforts menés par Microsoft depuis deux décennies pour réduire l’intensité de son utilisation de l’eau tout en soutenant sa croissance

Judy Priest, Vice-présidente corporative et directrice de la technologie, Opérations infonuagiques et innovation, et Steve Solomon, vice-président, ingénierie des centres de données

Alors que la demande pour les services infonuagiques et d’IA continue de croître, les centres de données deviennent plus essentiels que jamais. Les collectivités souhaitent aussi mieux comprendre les effets de cette infrastructure sur les ressources locales, particulièrement l’eau. Chez Microsoft, la gestion responsable de l’eau est une priorité depuis la construction de nos premiers centres de données au début des années 2000, et elle demeure aujourd’hui, comme pour l’avenir, un élément central de notre stratégie. Elle sous-tend à la fois notre initiative d’infrastructure d’IA axée sur les collectivités et notre engagement à l’échelle de l’entreprise à devenir positif en matière d’eau d’ici 2030, ce qui signifie que nous restituerons plus d’eau que nous n’en prélevons. Nous accompagnons nos progrès d’une transparence continue afin que les gens puissent comprendre non seulement la quantité d’eau que nous utilisons, mais aussi les mesures que nous prenons pour réduire cette utilisation au fil du temps.

Grâce à l’innovation continue et aux avancées dans les technologies de refroidissement, nous avons amélioré notre efficacité d’utilisation de l’eau, mesurée en litres par kilowattheure (L/kWh), de près de 90 % depuis la première génération de nos centres de données au début des années 2000. Notre efficacité moyenne est passée de 2,3 L/kWh à 0,27 L/kWh en 2025, ce qui reflète des décennies d’innovation et notre engagement continu à réduire l’intensité de l’utilisation de l’eau dans nos centres de données tout en répondant à la demande croissante pour les services infonuagiques et d’IA.

À l’échelle de l’ensemble de notre parc de centres de données détenus, nous nous sommes engagés, en tant qu’entreprise, à améliorer de 40 % l’intensité de l’utilisation de l’eau dans nos centres de données d’ici 2030. En 2025, nous avions réduit cette intensité de 25 %, ce qui nous place déjà bien au-delà de la mi-parcours vers notre objectif. Ces progrès importants témoignent de l’impact de nos investissements continus dans des technologies de refroidissement écohydriques, des améliorations opérationnelles et des pratiques de gestion responsable de l’eau.*

Au cours de l’exercice 2025, Microsoft a franchi une étape importante vers son engagement à devenir positive en matière d’eau d’ici 2030, en restituant plus d’eau qu’elle n’en a prélevé dans l’ensemble de ses activités mondiales pour l’année. Nous avons réalisé ces progrès en dissociant la croissance des centres de données de l’utilisation de l’eau grâce à des pratiques de gestion de l’eau résilientes et responsables ainsi qu’au déploiement de technologies de refroidissement de plus en plus efficaces, démontrant que la croissance numérique et la gestion durable de l’eau peuvent progresser de concert. Nous sommes déterminés à poursuivre sur cette lancée et à maintenir une performance positive en matière d’eau au fil du temps, alors que nous continuons d’avancer vers notre objectif de 2030.

Une gestion responsable de l’eau dès la conception

Dès certaines de nos premières conceptions de centres de données, nous avons priorisé l’efficacité hydrique tout en réduisant au minimum les effets sur la consommation d’énergie, grâce au déploiement de refroidisseurs à économie d’énergie très efficaces fonctionnant à des températures d’eau élevées. Dès 2008, nous avons adopté le refroidissement direct par air avec assistance évaporative comme principale approche de refroidissement dans l’ensemble de notre parc de centres de données. Cette conception consomme beaucoup moins d’électricité et jusqu’à 90 % moins d’eau que les systèmes de refroidissement traditionnels à base d’eau, puisqu’elle utilise l’eau uniquement lorsque la température extérieure dépasse 85 °F (29,4 °C). Dans certaines régions d’Europe du Nord, aucune eau n’est nécessaire au refroidissement tout au long de l’année, tandis que dans d’autres régions plus fraîches comme Dublin et Amsterdam, l’eau est utilisée moins de 5 % du temps. Dans des climats plus tempérés comme celui de la Virginie, l’eau n’est généralement requise que 10 % de l’année, tandis que dans les climats les plus chauds comme celui de Phoenix, son utilisation peut atteindre jusqu’à 40 % de l’année. Par conséquent, environ 90 % de notre parc détenu en 2025 fonctionne au moyen de systèmes de refroidissement très efficaces à faible consommation d’eau, voire sans eau.

Bien que la majorité de nos centres de données existants soient déjà très efficaces sur le plan de l’utilisation de l’eau, nous ne nous sommes pas arrêtés là. En 2024, Microsoft a présenté une nouvelle conception de centre de données optimisée pour les charges de travail d’IA, qui ne consomme aucune eau pour le refroidissement pendant les opérations, renforçant ainsi notre engagement envers une gestion responsable de l’eau dès la conception. Cette solution de refroidissement au niveau de la puce offre un contrôle précis de la température par zone sans évaporation d’eau, grâce à la recirculation de l’eau dans un système de refroidissement direct à la puce en boucle fermée. À mesure que notre parc de centres de données continue de croître, l’ajout de ces conceptions sans utilisation d’eau contribuera à réduire davantage l’intensité de l’utilisation de l’eau de Microsoft au fil du temps.

Méthodes de refroidissement des centres de données, expliquées :

  • Tours de refroidissement : systèmes traditionnels qui éliminent la chaleur par évaporation de l’eau toute l’année.
  • Refroidisseurs hybrides à fluide : utilisent l’évaporation de l’eau pour le refroidissement lors des conditions estivales chaudes et passent en mode sec lorsque les températures ambiantes diminuent.
  • Air direct : utilise l’air extérieur pour le refroidissement, avec peu ou pas d’utilisation d’eau. L’eau est utilisée uniquement lorsque l’air extérieur dépasse 85 °F.
  • Refroidisseurs refroidis par air : utilisent la réfrigération mécanique et l’air extérieur pour évacuer la chaleur des boucles de liquide de refroidissement fermées, sans évaporation d’eau.
  • Centres de données d’IA refroidis par liquide : utilisent un refroidissement direct à la puce en boucle fermée pour assurer un contrôle précis de la température au niveau de la puce, en évacuant efficacement la chaleur sans évaporation d’eau.

Moderniser le refroidissement dans les centres de données existants grâce à des contrôles plus intelligents

L’innovation en matière de conception ne représente qu’une partie de l’histoire. Nous améliorons aussi l’efficacité des installations existantes qui utilisent de l’eau, en misant de façon continue sur l’optimisation des points de consigne de température et d’humidité, ce qui permet un contrôle environnemental plus précis et l’élimination du refroidissement excessif. De plus, nous auditons régulièrement l’utilisation de l’eau et comparons les données réelles aux attentes de conception à l’aide de données météorologiques en temps réel et d’analyses opérationnelles. Cela nous aide à nous assurer que nos centres de données fonctionnent comme prévu et nous permet d’identifier et de corriger rapidement toute utilisation inattendue de l’eau. Ces efforts, combinés à des améliorations continues du matériel et des opérations, visent tous à utiliser le moins d’eau possible.

Plus précisément, dans nos centres de données de Phoenix, en Arizona, la mise en œuvre de ces avancées a entraîné à elle seule une amélioration de 23 % d’une année à l’autre de l’efficacité d’utilisation de l’eau au cours de l’exercice 2025. Nous déployons maintenant ces avancées dans l’ensemble de nos centres de données à refroidissement direct par évaporation à l’échelle mondiale.

Des améliorations opérationnelles comme celles-ci expliquent en partie pourquoi Microsoft a pu faire état de réductions importantes et durables de l’intensité de l’utilisation de l’eau au fil des générations de centres de données. Elles ouvrent aussi la voie à la prochaine phase de nos travaux : élargir l’utilisation de sources d’eau recyclée et de sources d’eau de remplacement partout où cela est possible.

Tirer parti de l’eau recyclée, réutilisée et non potable

En plus d’améliorer l’efficacité, nous priorisons aussi l’utilisation d’eau recyclée, réutilisée ou non potable partout où cela est possible dans nos opérations. Nous avons élargi l’utilisation de ces sources d’eau non potable dans certaines de nos régions les plus intensives en eau, contribuant ainsi à réduire la demande sur les réserves d’eau douce. Par exemple, à Quincy, dans l’État de Washington, à Singapour et à San Antonio, au Texas, trois de nos sites clés pour faire progresser la gestion responsable de l’eau, nous utilisons respectivement 74 %, 99 % et 79 % de sources d’eau recyclée, réutilisée ou non potable.

Des systèmes de récupération des eaux de pluie sont maintenant en service dans certains centres de données aux Pays-Bas, en Suède et en Irlande, et d’autres installations sont prévues au Canada, au Royaume-Uni, en Finlande, en Italie, en Afrique du Sud et en Autriche. Pour illustrer l’impact potentiel, les nouveaux centres de données de Microsoft au Québec devraient pouvoir recueillir jusqu’à 1,5 million de litres d’eau de pluie par année, selon les niveaux de précipitations locaux. Cette eau peut servir à compenser davantage les prélèvements d’eau déjà faibles sur ces sites. L’élargissement de l’utilisation de sources d’eau de remplacement de cette façon contribue à réduire la pression sur les réseaux municipaux d’eau tout en soutenant l’exploitation efficace des centres de données.

Au besoin, nous mettons en place des systèmes de traitement de l’eau sur site qui permettent aux installations de recycler l’eau à plusieurs reprises pour les opérations de refroidissement. Ces systèmes produisent une eau purifiée pouvant être réutilisée dans les systèmes de refroidissement, réduisant ainsi la dépendance globale aux approvisionnements en eau des services publics. Ensemble, ces efforts démontrent comment l’innovation en ingénierie et l’excellence opérationnelle peuvent agir de concert pour réduire de façon significative l’utilisation de l’eau au niveau des installations.

Faire progresser la gestion responsable de l’eau grâce à l’investissement et aux partenariats communautaires

Nous collaborons étroitement avec les services publics locaux afin de réduire la pression sur les ressources communautaires, et nous planifions à l’avance les besoins en approvisionnement et en infrastructure associés à nos opérations. Au-delà de nos activités, le Datacenter Community Pledge de Microsoft nous engage à protéger les bassins versants locaux, à mobiliser les parties prenantes et à investir dans des projets qui renforcent la résilience hydrique régionale, afin de contribuer à ce que la croissance des centres de données soutienne à la fois la durabilité environnementale et le bien-être à long terme des collectivités. Lorsque des améliorations aux systèmes sont nécessaires, Microsoft finance entièrement ces mises à niveau afin que les collectivités n’aient pas à assumer les coûts liés au soutien de nos opérations.

Au-delà de notre propre empreinte, nous investissons directement dans les infrastructures hydriques communautaires en modernisant les réseaux d’eau, en élargissant l’accès, en améliorant la fiabilité et en aidant les services publics à maintenir des tarifs et une pression stable. Ces investissements créent une valeur partagée pour Microsoft et les collectivités locales avec lesquelles nous collaborons étroitement, en renforçant les infrastructures essentielles et en soutenant la résilience hydrique à long terme. Par exemple, près de notre centre de données à Leesburg, en Virginie, Microsoft finance plus de 25 millions de dollars en améliorations des réseaux d’eau et d’égouts afin de contribuer à ce que le coût de service de nos installations ne soit pas assumé par les contribuables locaux. Depuis 2020, nous avons investi plus de 500 millions de dollars dans plus de 75 projets d’infrastructure d’eau et d’eaux usées qui génèrent des retombées positives concrètes pour les collectivités.

Restitution de l’eau

Enfin, nous jumelons l’ensemble de ces travaux à notre engagement plus large à devenir positifs en matière d’eau, soit notre objectif de restituer plus d’eau que nous n’en prélevons d’ici 2030, tout en faisant progresser notre approche d’infrastructure d’IA axée sur les collectivités, qui priorise la création de retombées mesurables pour les collectivités où nous exerçons nos activités. Cette approche s’étend à l’ensemble de notre empreinte de centres de données, y compris les installations louées. Au cours de l’exercice 2025, nous avons restitué plus d’eau que nous n’en avons prélevé à l’échelle mondiale, marquant une étape importante dans notre parcours de gestion responsable de l’eau.**

Nous priorisons et réalisons des projets conçus pour apporter une contribution hydrique significative à chaque collectivité locale. Par exemple, dans la grande région de Phoenix et les collectivités voisines du Nevada, nous travaillons avec FIDO Tech et les services publics locaux pour déployer une technologie de détection des fuites propulsée par l’IA, qui permet d’identifier et de réparer les bris cachés dans les réseaux d’eau vieillissants. En prévenant les pertes d’eau avant qu’elles ne se produisent, ces efforts aident à maintenir davantage d’eau en circulation, améliorent la fiabilité pour les résidents et augmentent concrètement la quantité d’eau utilisable disponible dans l’ensemble du réseau.

Dans le Midwest, nous collaborons avec The Nature Conservancy pour restaurer d’anciens milieux humides en méandre abandonné — des plans d’eau en forme de croissant qui rechargent naturellement les eaux souterraines, réduisent les risques d’inondation et améliorent l’habitat des espèces indigènes. Ces milieux humides agissent comme des réservoirs naturels, captant l’eau et la retournant lentement aux aquifères locaux au fil du temps. L’objectif est de créer une disponibilité de l’eau plus stable pour l’agriculture, des écosystèmes plus sains et une résilience accrue pour les collectivités avoisinantes tout au long de l’année.

Regard vers l’avenir

Alors que les défis liés à l’eau deviennent de plus en plus complexes partout dans le monde, Microsoft demeure profondément déterminée à protéger l’eau comme ressource naturelle essentielle. Nous continuons de faire progresser les innovations en matière de centres de données qui réduisent l’intensité de l’utilisation de l’eau tout en soutenant les exigences de performance croissantes des services infonuagiques et d’IA. Grâce à des conceptions de refroidissement sans utilisation d’eau optimisées pour les charges de travail d’IA, à des initiatives de réutilisation de l’eau sur nos campus et à l’extérieur de ceux-ci, ainsi qu’à des programmes de gestion responsable axés sur les collectivités, nous travaillons à bâtir un avenir où la croissance numérique et la gestion responsable de l’eau vont de pair.

Nous explorons aussi des architectures de refroidissement zonal qui alignent plus précisément les approches de refroidissement sur les besoins des différents types de matériel, améliorant l’efficacité tout en prenant en charge une combinaison diversifiée de charges de travail d’IA et traditionnelles.

Les centres de données sont des infrastructures essentielles à l’économie numérique, et nous croyons qu’ils devraient être construits et exploités de manière à bénéficier aux collectivités qu’ils servent. Au cours de la dernière décennie, nous avons démontré que les avancées technologiques et la gestion environnementale responsable peuvent progresser ensemble, et nous demeurons déterminés à poursuivre ce parcours alors que nous construisons les centres de données de l’avenir.

Légende de l’image principale : Vue aérienne du campus de centres de données de Microsoft au Wisconsin.

Judy Priest dirige la stratégie technologique, l’innovation et la recherche pour l’infrastructure mondiale de Microsoft destinée au nuage et à l’IA, en faisant progresser l’architecture des centres de données, la durabilité, l’alimentation, le refroidissement, l’énergie et les technologies émergentes qui permettent d’offrir des services fiables et évolutifs.

Steve Solomon est ingénieur professionnel et dirige la stratégie d’ingénierie derrière l’infrastructure mondiale de Microsoft destinée au nuage et à l’IA. Il se spécialise dans la conception de centres de données, la durabilité, l’alimentation et l’innovation en matière de refroidissement, contribuant à faire progresser une infrastructure à grande échelle fiable, efficace et axée sur les collectivités.

*Note 1 : Mesurée en fonction des prélèvements d’eau par mégawatt (MW); selon une référence établie en 2022.

**Note 2 : Pour comprendre comment Microsoft calcule et suit les données de restitution de l’eau, veuillez consulter notre fiche de données environnementales de l’exercice 2024.

 

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