La pédagogie d’abord : comment ces éducateurs au Canada adoptent une approche de l’IA guidée par l’humain

Alors que l’adoption de l’IA continue de progresser, les éducateurs se concentrent sur ce que la technologie ne peut pas remplacer

Par Lisa Everett, Directrice AI Skills Canada, Microsoft Elevate

Whitney McKinley se souvient très bien du moment précis où les outils d’IA générative ont commencé à faire leur apparition dans les salles de classe.
Whitney McKinley, conseillère en réussite des élèves pour l’innovation en apprentissage au Conseil scolaire catholique du district de Waterloo (WCDSB), travaille étroitement avec les éducateurs pour les aider à intégrer la technologie en classe de façon utile et responsable. Aux côtés de sa collègue Katrina Gouett, elle contribue depuis plusieurs années à façonner l’approche du conseil scolaire en matière d’adoption de l’IA et de préparation du personnel enseignant.

« Dès les 15 premières minutes à essayer une invite, nous étions toutes les deux vraiment impressionnées par ce qui se passait et par ce que nous voyions », se rappelle McKinley. « Nous savions que les choses évoluaient rapidement. »

Ce que McKinley et Gouett observaient dans les salles de classe du WCDSB s’inscrivait dans un changement beaucoup plus vaste à l’échelle des systèmes d’éducation partout au pays. D’un océan à l’autre, les écoles au Canada font face à l’un des plus importants bouleversements technologiques depuis l’avènement d’Internet. Les outils d’IA générative arrivent plus rapidement que plusieurs établissements ne peuvent pleinement les évaluer, entraînant de nouvelles approches en enseignement, en évaluation et en littératie numérique.

Pour bon nombre d’éducateurs, la rapidité de ces changements a suscité autant d’incertitude que d’enthousiasme.

« L’IA a vraiment pris les éducateurs au dépourvu », affirme Gouett, elle aussi conseillère en réussite des élèves pour l’innovation en apprentissage au WCDSB. « Nous avons donc choisi d’aborder le perfectionnement professionnel avec empathie et compréhension. »

Bâtir des repères et de la confiance dans l’incertitude

Plutôt que de chercher à restreindre rapidement la technologie, le WCDSB a choisi d’aider les éducateurs à comprendre comment utiliser l’IA de façon sécuritaire et réfléchie.

« Nous avons abordé la situation en nous disant que nous n’allions pas interdire les outils d’IA, parce que ce serait comme jouer à la taupe », explique Gouett. « Nous savions qu’il existait déjà une multitude d’outils. Nous avons donc plutôt misé sur l’accompagnement des éducateurs afin qu’ils sachent comment utiliser de manière responsable des outils approuvés et sécuritaires. »

Cela comprenait un travail pour aider les éducateurs à gagner en confiance avec des plateformes approuvées comme Microsoft Copilot, tout en renforçant plus largement la littératie en IA dans les classes et les communautés scolaires.
Pour soutenir ce travail, McKinley et Gouett ont contribué à diriger l’élaboration de lignes directrices sur l’IA responsable, de ressources destinées aux familles et de cadres d’apprentissage conçus pour appuyer les éducateurs de la maternelle à la 12e année. Elles ont également lancé Deep Learning Dialogues, un balado qui explore l’évolution de la relation entre l’IA et l’éducation. Maintenant rendu à sa troisième saison, le balado a donné lieu à des dizaines de conversations avec des voix du secteur de l’éducation partout au Canada sur les possibilités et les défis que l’IA présente dans les écoles.

Whitney McKinley et Katrina Gouett collaborent à l’élaboration de ressources et de cadres d’apprentissage intégrant l’IA afin de soutenir les éducateurs du WCDSB. Photo de Microsoft.

« Les conversations que nous avions à l’échelle du conseil scolaire variaient énormément selon les personnes avec qui nous parlions », explique McKinley. « Quand nous parlions aux directions d’école, l’accent était surtout mis sur l’efficacité. Quand nous parlions aux éducateurs, il était surtout question d’évaluation. Mais lorsque nous avons commencé à parler aux élèves, leur grande préoccupation était de savoir ce que cela signifiait pour leur avenir. »

Ces échanges ont clairement montré que l’adoption de l’IA en éducation exigerait bien plus qu’une simple formation technique.

Les éducateurs, les élèves et les familles cherchaient tous à comprendre comment ces outils allaient transformer l’apprentissage, la confiance et l’avenir du travail. En même temps, l’équipe savait que l’enthousiasme à lui seul ne suffirait pas à favoriser l’adoption.

« Des gens venaient nous voir très emballés par une certaine façon d’utiliser l’IA », raconte Gouett. « Mais nous savions que plusieurs de ces usages mettaient en réalité en péril la protection des renseignements personnels des élèves, ainsi que leur sûreté et leur sécurité. Et nous savions qu’il s’agissait d’une priorité absolue pour nous. »

Trouver un équilibre entre innovation et responsabilité est rapidement devenu l’une des grandes priorités du conseil scolaire. Le WCDSB a compris que l’accès aux outils d’IA, à lui seul, ne suffisait pas. Les éducateurs avaient besoin de soutien, d’encadrement et de temps pour développer leur confiance et utiliser ces outils de façon responsable en classe. Ce travail a également renforcé l’importance de plateformes de confiance comme Microsoft Copilot, où la protection de la vie privée, la sécurité et l’utilisation responsable demeurent au cœur de l’adoption.

La pédagogie avant les outils

À mesure que de plus en plus d’éducateurs commençaient à expérimenter l’IA dans leur travail quotidien, l’apprentissage professionnel est devenu un volet essentiel de la stratégie du conseil scolaire. Grâce à des programmes comme Microsoft Elevate for Educators, les éducateurs ont la possibilité d’explorer comment les outils d’IA peuvent soutenir la planification, la créativité et l’engagement en classe, tout en gardant les élèves au centre de la démarche.

« Nous voulions vraiment montrer aux éducateurs comment formuler efficacement des invites pour obtenir ce dont ils ont besoin », explique Gouett.

Pour McKinley, la philosophie qui sous-tend ce travail est demeurée constante depuis le tout début.

« Il a toujours été question de pédagogie d’abord, et d’outils ensuite. »

L’objectif n’a jamais été d’automatiser le rôle de l’éducateur. Le WCDSB a plutôt misé sur une utilisation réfléchie de l’IA afin d’aider les éducateurs à consacrer moins de temps aux tâches administratives répétitives et davantage de temps à accompagner les élèves par l’enseignement, la collaboration et des approches adaptées à leurs styles d’apprentissage.

Whitney McKinley et Katrina Gouett, conseillères en réussite des élèves au WCDSB, échangent avec Steve Bryson sur les façons de renforcer la confiance des enseignants dans l’utilisation responsable de l’IA. Photo de Microsoft.

« En éducation, on parle souvent de préparer les élèves à occuper des emplois qui n’existent pas encore », explique McKinley. « Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement? Cela veut dire développer des compétences humaines. Sont-ils capables de pensée critique? Savent-ils résoudre des problèmes? »

À bien des égards, l’essor de l’IA n’a fait que renforcer l’importance de ces compétences.

Créer plus d’espace pour les élèves

Pour Steve Bryson, chef du département de sciences à la St. David Catholic Secondary School de Waterloo et lauréat du Prix d’excellence en enseignement du Premier ministre, l’adoption de l’IA a d’abord et avant tout permis de dégager davantage de temps pour les élèves.

Au cours des 17 dernières années, Bryson a aidé les élèves à faire des liens entre les apprentissages en classe et le monde réel grâce à l’enseignement des STIM, à l’innovation et à des occasions d’apprentissage expérientiel. Son approche est profondément centrée sur l’élève.

« Je pense qu’il est extrêmement important que nos élèves découvrent l’information par eux-mêmes », affirme Bryson. « J’adore les voir avoir ce moment de déclic. »

Cela dit, lorsque l’IA a commencé à faire son entrée dans les discussions, il partageait bon nombre des préoccupations de ses collègues en éducation.

« Quand l’IA a commencé à s’imposer dans les conversations, je dirais franchement que, comme beaucoup d’éducateurs, cela m’inquiétait beaucoup », dit-il.

Avec le temps, la curiosité a remplacé l’hésitation.

« Une fois que j’ai commencé à comprendre ses capacités, je me suis demandé comment l’IA pouvait réellement servir à renforcer un bon enseignement. »

Steve Bryson, chef du département de sciences à la St. David Catholic Secondary School (WCDSB), donne un cours en adoptant une approche de l’IA axée sur la pédagogie. Photo de Microsoft.

Aujourd’hui, Bryson utilise régulièrement Microsoft Copilot pour simplifier la planification des cours, créer plus rapidement des prototypes de matériel pédagogique et adapter ses leçons afin de répondre aux besoins variés des élèves et à leurs différents styles d’apprentissage.

« Le fait d’utiliser l’IA de façon régulière a véritablement transformé mon travail au quotidien, parce que cela me donne plus de temps pour me consacrer à ce qui compte vraiment », explique-t-il. « J’ai davantage l’occasion d’interagir avec les élèves. »

Pour Bryson, c’est là toute la véritable promesse de l’IA en éducation : permettre aux éducateurs de se concentrer davantage sur la dimension humaine de l’enseignement et de l’apprentissage.

Un avenir de l’apprentissage guidé par l’humain

À mesure que les salles de classe canadiennes évoluent au rythme des avancées technologiques rapides, les éducateurs du WCDSB estiment que l’avenir de l’apprentissage dépendra moins de la maîtrise des outils que du renforcement des compétences profondément humaines que les élèves emporteront avec eux dans un avenir imprévisible.

Pensée critique. Créativité. Capacité d’adaptation. Empathie.

Selon eux, le rôle des éducateurs n’a jamais été aussi important.

« J’aime voir les éducateurs transformer leurs leçons en expériences d’apprentissage concrètes et pratiques », affirme McKinley. « Parfois, il suffit d’une petite invite pour faire de la salle de classe un lieu stimulant pour les élèves. »

Pour vous joindre à la communauté Microsoft Elevate for Educators, rendez-vous au https://aka.ms/ElevateForEducatorsCA

L’image du haut: Vue aérienne de la St. David Catholic Secondary School à Waterloo, qui fait partie du Conseil scolaire catholique du district de Waterloo. Photo de Microsoft.

Cette histoire a été publiée le 4 juin 2026.

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